
CHRONOLOGIE SUR LES PRISONS
1789 : La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen proclame que " nul homme ne peut être accusé, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu'elle a prescrites ". Les principaux châtiments corporels sont supprimés.
Prise de la Bastille 1789

Démolition de la Bastille

1791 : Le code pénal place l'enfermement au centre du dispositif judiciaire, généralise la peine privative de liberté mais conserve la peine de mort et les travaux forcés ; la prison est un lieu de punition et d'amendement du condamné par le travail et l'éducation.
1810 : Le deuxième code pénal privilégie le châtiment qui s'ajoute à l'incarcération pénale : boulet au pied des forçats et flétrissure au fer rouge. L'accent est mis sur le travail obligatoire.
1875 : La loi Bérenger généralise l'emprisonnement cellulaire dans les prisons départementales : elle prévoit un isolement total en cellule pour les prévenus et les condamnés à moins d'un an d'emprisonnement, en contrepartie d'une remise d'un quart de la peine.
1885 : Le sénateur Bérenger fait voter les textes instituant la libération conditionnelle et le sursis simple.
1945 : Les travaux forcés sont abolis. La réforme Amor place l'amendement et le reclassement social du condamné au centre de la peine privative de liberté.
1958 : Le juge de l'application des peines est institué. Les comités de probation et d'assistance aux libérés pour le suivi des peines en milieu ouvert sont créés (sursis avec mise à l'épreuve et libération conditionnelle).
1972 : Une loi institue les réductions de peine.
1974 : Des émeutes se développent dans les centrales de Clairvaux et de Poissy et se propagent à une quarantaine de prisons. Le mariage devient libre en prison.
1975 : La réforme pénitentiaire crée des centres de détention orientés vers la réinsertion, développe des peines de substitution et institue les QHS.
1978 : Instauration des peines de sûreté. 1981 : La peine de mort est abrogée. 1982 : Disparition des QHS.
1983 : La peine de travail d'intérêt général est créée. Les hygiaphones sont retirés des parloirs: les détenus et leur visiteurs peuvent se toucher.
1985 : La télévision est autorisée dans les cellules.
1987 : L'obligation de travail des condamnés est supprimée.
1994 : La loi du 18 janvier 1994 confie l'organisation des soins en milieu pénitentiaire aux hôpitaux publics.
1997 : La loi du 19 décembre 1997, adoptée à l'initiative de M. Guy-Pierre Cabanel, prévoit le placement sous surveillance électronique de détenus purgeant une peine de moins d'un an ou dont le reliquat de peine est inférieur à un an.
1999 : Les services pénitentiaires d'insertion et de probation sont créés : ils regroupent désormais dans une structure unique à vocation départementale les activités liées à la réinsertion et à la mise à l'épreuve des personnes placées sous main de justice. Un programme de constructions nouvelles est lancé.
2000 : Le docteur Véronique Vasseur publie " Médecin-chef à la prison de la Santé ". Les deux chambres mettent en place des commissions d'enquête sur les prisons, celle de l'Assemblée Nationale visant l'ensemble des établissement pénitentiaires de France, celle du Sénat se penchant plus particulièrement sur le cas des maisons d'arrêt.
2002 : En mars, le projet de loi pénitentiaire est finalement abandonné. En novembre, Dominique Perben, Garde des Sceaux, annonce la création de 13200 nouvelles places de prison avant 2007.
DEFINITION
Une prison ou pénitencier est un lieu de détention ; par extension, le terme prison désigne également la peine d’incarcération qui peut être infligée aux individus qui ne respectent pas les normes de la société .
Dans la plupart des pays ces normes sont définies par les lois. Les personnes détenue dans une prison sont appelées des prisonniers.
1): Les buts.
Les buts des prisons varient selon les époques et surtout les sociétés .
La plupart du temps , il s’agit :
-De protéger la société des éléments dangereux.
-De décourager les gens de commettre à nouveau des actes interdits par la loi.
-De rééduquer le détenu de manière à le réinsérer.
-De soulager les victimes.
-De faire taire les opposants politiques.
-D’empêcher des prévenus de prendre la fuite ou de compromettre leur futur procès .
2) : Le rôle des prisons dans l’histoire.
Le rôle de la prison a plus ou moins changé à travers l’histoire.
D’un simple outil de rétention en l’attente d’une peine, il est devenu une peine en soi.
Dans certains pays (principalement les démocraties), elle est un outil ayant pour objectif de protéger la société de ses éléments dangereux et de les réinsérer mais elle peut également être utilisée comme outil de pression politique dans des contextes plus difficiles. Dans les faits , la réinsertion est rarement pleinement atteinte.
3) : Les aspects juridiques.
Aujourd’hui dans la majorité des pays , la seule autorité pouvant mettre en prison une personne est la Justice.
Cependant, d’autres formes de privation de liberté peuvent, selon les pays, être décidées par d’autres autorités,
(police, armée, douanes, médecins…).
4) : Prison et droits de l’homme.
Les quatre droits fondamentaux de l’homme sont , d’après la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 , la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.
5) : Population carcérale.
Au 1er Juillet 2007 , 61780 personnes sont écrouées en France, pour 50637 places. Ce chiffre marque le plus haut niveau depuis le pic historique de Juillet 2004 (63652 détenus) avec une hausse annuelle de 3,9% par rapport aux 59488 détenus comptabilisés au 1er Juillet 2006. L’administration pénitentiaire prévoit 67000 détenus au printemps 2008, un effectif jamais atteint.
6) : Répartition
Parmi les 63290 personnes sous écrou au 1er avril 2007 , 18226(30%) sont des prévenus en attente de procès ; 746(1,2%) sont des mineurs dont deux tiers de prévenus.
2215(3,6%) sont des femmes et 2519(4%) sont écrouées mais non hébergées dont 2087 sous surveillance électronique et 432 placées à l’extérieur sans hébergement .
Une progression de 52% par rapport à l’année précédente .
Conclusion : respectez la loi si vous ne voulez pas aller en prison .
Le Bagne au temps de Vidocq VXIIIè siècle
Les Bagnes en France à l'époque de Vidocq
La naissance des Bagnes
BAGNE :
de bagna, nom donné par les Italiens à la prison de Constantinople dont dépendaient des bains.
Les bagnes sont nés lors du déclin des corps de galères qui avaient été créés pour désengorger les prisons sous Louis XIV.
Sous Louis XIV, l'ordonnance du 27 Septembre 1748 réorganise le corps des galères et les conditions de détention : Désormais, la plupart des galériens travailleront sur terre dans les arsenaux.
Le premier bagne ouvert est celui de Toulon en 1748 (ce bagne verra passer environ 100.000 condamnés en un plus d'un siècle), puis celui de Brest qui reçoit ses premiers "clients" en 1749. Les bagnards sont soumis à la chaîne, au manque de nourriture et d'hygiène. La mortalité est alors très élevée dans les bagnes.
En 1767, le bagne de Rochefort sera créé.
En 1795, les premières déportations vers la Guyane sont celles des prêtres réfractaires.
En 1792 est créé le bagne de Nice, en 1796, celui de Lorient, en 1798, celui du Havre et en 1803, celui de Cherbourg.
En 1808 seront créés des bagnes à l'étranger : Celui d'Anvers (Belgique) et de la Spezia (Italie)
En 1811, le bagne de Civita Vecchia (Italie).
La période Napoléonienne va voir quadrupler la population carcérale des bagnes (En 1814 : 16.000 forçats se répartissent entre Toulon et Brest).
Les bagnes étrangers seront fermés à la chute de Napoléon et le nombre de détenus baissera très nettement à cette période.
Durant la Restauration, on remet en cause le système pénitentiaire et le bagne qui coûte cher et rapporte peu.
En 1828, les condamnés à 10 ans de travaux forcés ou moins sont envoyés à Toulon, au delà ils sont envoyés à Brest ou à Rochefort.
En 1837, le transport par chaîne des prisonniers sera replacé par des voitures cellulaires.
En 1852, c'est sous le règne de Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III) que sont mis en place les bagnes coloniaux.
La Guyane deviendra terre de déportation, mais c'est une autre histoire....
Récapitulatif des Bagnes au temps de Vidocq
1748-1873 Toulon.
1749-1858 Brest.
1767-1852 Rochefort.
1792-1811 Nice
1796-1830 Lorient
1798-1803 Le Havre
1803-1815 Cherbourg
1808-1814 Anvers
1808-1814 La Spezia
1811-1814 Civita Vecchia
Qui allait au Bagne ?
Rapport statistique de l'étude de 1836 à Brest (extrait de "Dernier Exil, Histoire des bagnes et des forçats" de Michel Pierre Ed. Découvertes Gallimard)
Sur la populations carcérales
61% ont entre 31 et 50 ans
53% sont célibataires
60% ne savent ni lire ni écrire
50% sont des ouvriers et des artisans
Sur les durée de détention
50% sont condamnés à perpétuité
2,5% sont condamnés à plus de 20 ans
22% sont condamnés pour 16 à 20 ans
15% sont condamnés pour 11 à 15 ans
8% sont condamnés pour 5 à 10 ans
2,5% sont condamnés à moins de 5 ans
Sur les motifs de détentions
62% vol
17% meurtre
4% viol
2% faux et usage de faux
Le reste est composé de délits divers : empoisonnement, parricide, incendie, fausse-monnaie
Comparativement, voici les motifs de détentions retenus en 1749 dans le même bagne :
44% vol
14% contrebande de tabac
13% contrebande de sel
5% vagabondage (à cette époque vagabondage et braconnage sont soumis à des peines de bagne !)
La Vie des Bagnards :
La Chaîne
La chaîne, c'est le convoi des prisonniers vers le bagne. Plusieurs fois par an, des groupes de prisonniers convergent à pied vers les grands bagnes de France. Les convois partant de divers cours d'assise sont appelés cordons se regroupent pour former la chaîne. La chaîne avance par étapes, escortée par des gendarmes et des dragons, à l'époque, c'est un grand spectacle pour la population. On entasse les futurs bagnards dans les étables et les granges réquisitionnés à chaque étape.Les trajets se font à pieds et en bateau jusqu'à l'arrivée des voitures cellulaires en 1837.
Extrait des Mémoires de Vidocq

C'était le 20 décembre 1797. Le capitaine et le lieutenant de la chaîne vinrent nous visiter. Ils nous appelaient leur "marchandise'.
Parmi les "chevaux de retour" (forçats évadés), le capitaine qui se nommait Viez, reconnut Desfosseux : "Ah' ah! dit-il, voilà le fameux "ferlampier" (condamné habile à couper ses fers). Morbleu! on dit que tu as manqué d'être "fauché" (guillotiné). Tu as bien fait, mon garçon, d'esquiver la "butte" (la guillotine) car il vaut encore mieux retourner au "pré'" (au bagne), que le "taule" (le bourreau) ne joue avec notre "sorbonne" (notre tête). Au surplus, mes enfants, soyons calmes et nous aurons le "comant" (le boeuf) avec du persil". Viez et Thierry, son lieutenant, continuèrent leur visite, adressant des plaisanteries du même genre à leurs "chevaux de retour".Le moment critique arriva. Il fallut descendre dans la "cour des fers". Là, chacun de nous fut dépouillé de la livrée de Bicêtre, pour en recevoir une autre, de voyage. A ces préliminaires, succédèrent le "ferrement" et la coupe de cheveux et des favoris. Après cette opération, nous fûmes livrés à nous-mêmes. Alors, les jurements, les sales plaisanteries, les intonations les plus dégoûtantes, éclatèrent de toutes parts. Au milieu de ce brouhaha, un "cheval de retour" entonna, d'une voix qui dominait toutes les autres, ce chant si connu dans les bagnes. la Complainte des galériens.
La chaîne, C'est la grêle;Mais c'est égal, Ç'a n'fait pas de mal.Nos habits sont écarlates, Nous portons au lieu d'chapeaux Des bonnets et point d'cravate, Ç'à fait brosse pour les jabots.Nous aurions tort de nous plaindre, Nous sommes des enfants gâtés, Et c'est crainte de nous perdre Que l'on nous tient enchaînés.Nous f'rons des belles ouvrages En paille ainsi qu'en cocos, Dont nous ferons étalage Sans qu'nos boutiques pay' d'impôts.Ceux qui visit'nt le bagne N' s'en vont jamais sans acheter, Avec ce produit d' l'aubaine Nous nous arrosons l' gosier................................................Quand vient l'heur' de s'bourrer l'ventre, En avant les haricots !Ça n'est pas bon, mais ça entre Tout comm' le meilleur fricot.Notr' guignon eût été pire, Si, comm' des jolis cadets, On nous eût fait raccourcire À l'abbaye d' Mont-à-r'gret.
Les condamnés étaient divisés en trois cordons. Dans le troisième, on avait mis les moins turbulents. Dans les autres cordons, les hommes dangereux. Près de moi, deux hommes. L'un, ex-maître d'école, condamné pour viol. L'autre, ex-officier de santé, condamné pour faux. Ils causaient. Du ton le plus naturel. ''Nous allons à Brest? disait le maître d'école. - Oui, répondait l'officier, nous allons à Brest. Je connais le pays, moi. J'y suis passé, étant sous-aide à la 16è demi-brigade. Bon pays, ma foi. Je ne suis pas fâché de le revoir. - Y a-t-on de l'agrément? - De l'agrément? - Oui, de l'agrément. Je veux demander si l'on peut se procurer quelques douceurs, si on est bien traité, si les vivres sont à bon marché. - D'abord, vous serez nourri, et bien nourri. Car au bagne de Brest, il ne faut que deux heures pour trouver une gourgane dans la soupe, tandis qu'il faut huit jours à Toulon". Cette conversation fut interrompue par de grands cris. L'ex-commissaire des guerres Lemière, l'officier d'état-major Simon, et un voleur nommé le Petit Matelot, étaient assommés à coups de chaîne par leurs camarades qui les traitaient de "dénonciateurs". Je sauvais Lemière et Simon par mon intervention. Mais le Petit Matelot, surnommé "Mademoiselle", un de ces misérables qui trouvent à Paris et au bagne un théâtre digne de leurs dégoûtantes voluptés, succomba à ses blessures ... Nous passâmes la nuit sur la paille. Jusqu'au jour, les argousins nous surveillèrent. Il ne s'agissait pas de ''jouer du violon" (de scier ses fers). Alors, on fit l'appel, on examina nos fers, on nous plaça dos à dos sur de longues charrettes. A saint Cyr, on nous déshabilla entièrement et on nous visita toutes les parties du corps pour s'assurer que nous n'avions aucun instrument propre à couper le fer.Après un voyage d'une vingtaine de jours, nous arrivâmes à Pont-à-Luzen, dépôt du bagne, abreuvés d'injures et meurtris de coups de bâton. Pont-à-Luzen était une sorte de lazaret où les bagnards devaient passer une quarantaine de jours, tant pour Se remettre de leurs fatigues que pour donner aux médecins le temps de s'assurer que les condamnés n'étaient pas atteints de maladies contagieuses. Dès notre arrivée, on nous fit laver, deux par deux, dans de grandes cuves. Ensuite; on nous distribua des vêtements dont chaque pièce était marquée des lettres GAL.Alors on nous riva au pied ce qu'on appelle la manicle. Mais on ne nous accoupla pas.La surveillance exercée à Pont-à-Luzen n'était pas très active. Je tenais d'un nommé Blondy, qui s'était évadé du bagne de Brest, qu'il était facile de sortir des salles et de franchir les murs extérieurs de ce dépôt. Bien décidé à mettre ces indications à profit, je m'entendis avec le même Blondy et quelques autres pour percer un mur à l'aide d'un ciseau, oublié par les "sbires" chargés de river les manicles. Pendant que je besognais, Blondy sciait mes fers. Dans mon lit, un mannequin fabriqué par mes camarades, trompait la vigilance des argousins. L'opération terminée, je parvins sans peine dans la cour du dépôt. J'y trouvai une perche. Elle me servit à escalader le mur qui avait quinze pieds de haut. Mais cette perche étant trop longue et trop lourde, je ne pus la faire passer à l'extérieur. Je risquai donc le saut.Seulement, je me foulai les deux pieds. Je ne pus même pas me traîner jusqu'à un buisson peu éloigné de là. Au jour, la douleur, loin de se calmer, devint beaucoup plus vive. Mes pieds étaient tellement enflés qu'il me fallut renoncer à l'évasion. Dans l'espoir d'obtenir une diminution sur le nombre de coups de bâton qui me revenaient pour cette tentative, je me résolus à rentrer de moi-même au dépôt. Parvenu à la porte, après de longs et pénibles efforts, je fis demander une soeur qui m'avait témoigné de l'intérêt. J'avouai à cette femme ma tentative. Elle me fit passer dans une salle où l'on pansa mes pieds. Puis elle alla solliciter ma grâce. Le commissaire du dépôt la lui accorda. Et quand je fus complètement guéri, au bout d'une vingtaine de jours, on me conduisit au bagne, dans l'enceinte du port de Brest.
Vidocq au bagne
Les Bagnes fréquentés par Vidocq
BREST
Historique du Bagne de Brest
Le bagne de Brest est édifié entre 1750 et 1751 par l’architecte Antoine Choquet de Loirdu, sur la rive gauche de la Penfeld. Il se compose d’un pavillon central destiné à l’administration, aux agents de surveillance, aux chirurgiens et à l’aumônier. Dans la cour, se trouvent les baraques des forçats.
Extrait des Mémoires de Vidocq (Version épurée Ed. La Découvrance)
L'arrivée au Bagne de Brest
....... Il est difficile de se défendre d'une vive émotion au premier aspect de ce lieu de misères. Chaque salle contient vingt-huit "bancs" sur lesquels couchent, enchaînés, six cents forçats. Ces longues files d'habits rouges, ces têtes rasées, ces yeux caves, ces visages déprimés, le cliquetis continuel des fers, tout concourt à pénétrer l'âme d'effroi. Et puis les propos ignobles, les moeurs, les provocations de la part des garde chiourmes, et si funestes aux forçats réduits au désespoir ... Et ces châtiments infligés sans raison. Je ne songeai qu'à m'en affranchir. ........
TOULON
Historique du Bagne de Toulon
Extrait des Mémoires de Vidocq
L'arrivée au Bagne de Toulon
....... Après un voyage long et pénible, la chaîne arriva enfin à Toulon. Les condamnés furent conduits à bord du Hasard, un ancien vaisseau qui servait de bagne flottant. En ma qualité de "cheval de retour", je fus mis à la double chaîne et placé dans la salle n° 3, destinée aux forçats les plus suspects. Là, avec ces malheureux qu'on s'abstenait de conduire à "la fatigue" de peur d'évasions, j'étais couché sur une planche, enchaîné au banc, couvert de poux et livré à toute la brutalité des argousins. Parmi mes compagnons était un nommé Vidal, condamné à vingt-quatre ans de travaux forcés pour meurtre. Assassin à quatorze ans, assassin de nouveau, puis bourreau au bagne : il exécutait ses camarades sans sourciller. Au même banc figurait le Juif Deschamps, l'un des auteurs du vol du garde-meuble national, assassin par vocation. Je n'étais séparé de Deschamps que par Louis Mulot, fils du fameux Cornu qui fut, si longtemps, la terreur des paysans de la Normandie. .......
Vidocq, la Prison et la peine de mort : Commentaires sur les réflexions de Vidocq sur le bagne, la prison, la peine de mort et les moyens à diminuer les crimes et les récidives - Voir
L'isolement est aussi dénoncé par Vidocq car, selon lui, il rend les hommes misanthropes.
les cellules du bagne de Cayenne